

Dieu t’a créé parfait. Tu es devenu imperfection par toi-même. N’empêche que tu peux t’améliorer, devenir meilleur, atteindre l’excellence. Tu peux te prouver idéal comme fils, frère, voisin, ami, collègue, époux. A toi de t’instruire, de te cultiver, de te sublimer. Tout est d’abord une question de foi et de cœur. « Allah vous a fait aimer la foi et l’a embellie dans vos cœurs » [49:7]. Tu dois, en premier lieu, comme l’a dit le Bien-aimé Muhammad (pssl), « croire en Dieu, en ses Anges, Ses Livres, Ses Messagers et au Jour Dernier » {Muslim]. Prie. Accroche-toi au Coran et aux Hadith. Approfondis ta connaissance.
L’Islam est une religion d’hygiène. Le Saint Prophète (pssl) a précisé : « La propreté représente la moitié de la foi » [Muslim]. Nettoie, soigne et parfume ton corps aussi bien que tes vêtements qui doivent être impeccables. Occupe-toi de ta bouche et de tes dents. Un traitement buccal pour une haleine fraîche est vital. Aie les ongles bien coupés. Aie de la prestance. Marche correctement, voire humblement. « … ne foule pas la terre avec arrogance : car Allâh n’aime pas le présomptueux plein de gloriole » [31:18].
Un bon musulman n’est pas réactif, impulsif, irascible, excessif, violent. Il se maîtrise, quelles que soient les circonstances. Il écoute, réfléchit, examine et analyse avant de s’exprimer, avant de conclure. Il doit être rationnel. Il contrôle son verbe. Il ne s’attarde pas sur les ragots. Il ne se mêle pas de ce qui ne le concerne pas. Quand il discute, c’est toujours de la meilleure façon. Le Messager (pssl) nous rappelle que Dieu a dit : « Discute avec eux de la meilleure manière ». Ne palabre pas. C’est tellement détestable que le Prophète (pssl) a garanti « une maison dans les faubourgs du Paradis à celui qui s’abstient de toute polémique même quand il a raison » [Abu Daoud]. « … détourne-toi des insensés » [7:199].
Pour atteindre la splendeur dans le comportement, l’homme doit suivre un plan établi. Il est méthodique, cohérent dans sa pensée et son action. Il ne mélange pas tout, il ne vit pas dans la pagaille. Il planifie, organise, anticipe sur tous les plans : personnel, familial, professionnel. Il a toujours un œil sur le temps. Tout en étant rigoureux, tu peux être un bon vivant, rempli de générosité et de tendresse. Donne sans rien attendre en retour et sans jamais faire de reproches. La vie, c’est aussi le sourire et le rire. L’humour propre n’est pas interdit en Islam. Bien des vérités sont en fait cocasses. Aussi, sois un facilitateur. Quand tu peux simplifier une affaire pourquoi la compliques-tu ? Il est tellement facile d’adoucir et d’être doux. Selon Aïcha (r a), Le Prophète (pssl) a dit : « Allah est Doux et Il aime la douceur en toute chose » [Bukhari et Muslim].
Reza Issack
Shaikh Muqbil (rahimahullah) a dit : “Oh mes enfants, je jure par ALlah que si la science pouvait être versée dans un verre, je la verserais pour vous, mais elle ne s’acquiert que par le dur labeur, l’épuisement, et l’éraflure des genoux.
Cherche ton coeur à trois moments ; lorsque tu entends le Quraan, dans les assemblées de dhikr, et lors des retraites pieuses. Si tu ne le trouves pas lors de ces occasions, alors invoque Allah de t’accorder un nouveau coeur, car tu n’as pas de coeur !
[Ibn ul-Qayyim dans "Al Fawaa-id"]
Ibn eldjawzi : Saches que le premier embrouillement du Diable sur les gens tient au fait qu’il les a détourné de la recherche de la connaissance, car la connaissance est une lumière, et s’il éteint leurs lampes, il peut les orienter vers les ténèbres à sa guise.
(Talbis Iblis p-283)
Nourah… Histoire véridique

Ses joues étaient creuses et flasques et elle avait la peau sur les os. Mais cela ne l’empêchait surtout pas de réciter le Coran.
Toujours à veiller dans la salle de prière que Papa avait aménagé pour elle. Se baissant, se prosternant et levant les bras dans la prière. Elle était toujours comme ça, de l’aube au crépuscule et vice versa, elle ne connaissait pas l’ennui.
Quant à moi, j’étais une fana des revues de mode et des romans. J’adorais tellement les vidéos que mes fréquents voyages au magasin de location étaient devenus mon signe de reconnaissance. Comme ils disent, quand quelque chose commence à devenir une habitude, ça te colle à la peau comme une étiquette.
Je négligeais mes responsabilités et la paresse résumait mes prières.
Une nuit, je venais tout juste d’éteindre le magnétoscope après avoir passé trois heures d’affilé devant la télé que l’appel du Muezzin transperçait la nuit calme. Je me suis tranquillement blottie sous la couverture. J’ai entendu sa voix qui venait de la salle de prière.
» Oui Nourah, tu as besoin de quelque chose ? « Ai-je dit. Elle réduit à néant mes plans.
» Tu ne te couches pas avant d’avoir prié Sobh ! «
Je lui répondit :
« Ah ! Il reste encore une heure avant Fajr, ce n’est que le premier Adhaan ! »
Elle m’a appelé auprès d’elle avec ses gentils pincements. Elle était toujours comme ça, même avant que la terrible maladie ne vienne lui embrumer l’esprit et ne la cloue au lit.
» Hanane vient t’asseoir près de moi. « me demanda t elle.
Je ne pouvais rien lui refuser, elle était si pure et sincère. » Oui Nourah ? «
» Assis-toi ici s’il te plaît. «
» OK, je m’assoie. Qu’est-ce qu’il y a ? «
Avec la plus belle des voix monocordes, elle commença à réciter :
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» Toute âme goûtera à la mort et vous recevrez la pièce de votre monnaie au Jour de la Résurrection « [ Coran, sourate 3 : La famille d'Imran (Al-Imran) verset 185 ]
Elle s’arrêta pensive. Puis, elle demanda :
« Est-ce que tu crois en la mort ? »
« Bien sûr que j’y crois. »
« Est-ce que tu crois que tu devras rendre compte du moindre de tes actes, peu importe leurs tailles ? »
« Bien sûr, mais Allah est Pardonneur et Miséricordieux et j’ai une longue vie devant moi. »
« Arrête Hanane, n’as-tu pas peur de la mort et de son imprévisibilité ? Prends le cas de Hind. Elle était plus jeune que toi mais elle est morte dans un accident de voiture. La même chose pour un tel, et un tel. La mort ne prend guère compte de l’âge et l’âge ne saurait être un indicateur de quand tu mourras. »
L’obscurité de la chambre me remplit de terreur.
« J’ai peur du noir et maintenant tu me fais avoir peur de la mort, je ne pourrais plus dormir maintenant. Nourah, je pensais que tu avais promis de passer les prochaines vacances d’été avec nous. »
Impact. Sa voie s’est brisée et son coeur a frémi.
« Il se peut que je fasse un long voyage cette année Hanane, mais autre part. Je dis bien peut-être. Nos vies à tous sont entre les mains d’Allah et c’est à Lui que nous appartenons. »
Mes yeux s’embuèrent et des larmes coulèrent sur mes joues. Je pensais à la terrible maladie de ma soeur et à comment les docteurs avaient annoncé en privé à mon père qu’il n’y avait que très peu d’espoir que Nourah survive à la maladie. Mais, à elle, on n’avait rien dit.
Qui l’avait mise sur la voie ? Ou était-ce seulement qu’elle pouvait pressentir la vérité.
« A quoi penses-tu Hanane ? »
Sa voix était tranchante.
« Pense-tu que je dis cela seulement parce que je suis malade ? En faite, il se peut très bien que je vive plus longtemps que la plupart des gens qui ne sont pas malades. Et toi Hanane, combien de temps va-tu vivre ? Vingt ans, peut-être ? Quarante ? Et ensuite ? »
A travers l’obscurité elle chercha ma main et la serra doucement.
« Il n’y a aucune différence entre nous; nous allons toutes quitter ce monde pour vivre au paradis ou agoniser en Enfer. Ecoutes les paroles d’Allah :
Celui qui sera éloigné de l’Enfer et dirigé vers le Paradis, celui-là aura réussie. [ Coran, sourate 3 : La famille d'Imran (Al-Imran) verset 185 ]
Je quittais la chambre de ma soeur l’esprit embrumé, ses paroles sonnaient toujours dans ma tête :
« Qu’Allah te guide Hanane, n’oublie pas tes prières. »
Huit heures du matin. Des coups à ma porte. Je ne me réveille pas d’habitude à cette heure.
Pleurs.
Confusion.
Oh ! Allah, que s’est-il passé ?
La condition de Nourah s’était aggravée après Fajr, ils l’ont immédiatement conduite à l’hôpital.
Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un.
A Allah nous appartenons, et à Allah nous retournerons.
Il n’y aura pas de voyage cet été. C’était écrit que je passerais l’été à la maison.
Après une éternité…
Il était une heure de l’après-midi. Maman appela l’hôpital.
« Oui. Vous pouvez venir la voir maintenant. »
La voix de papa avait changé, maman pouvait déceler que quelque chose de fatal était arrivée. Nous sommes partis tout de suite.
Où était passée cette avenue que j’avais l’habitude d’emprunter et que je trouvais si courte ? Pourquoi était-elle si longue maintenant, si interminable. Où était passée cette chère foule et cette circulation qui me faisait tourner de la tête à droite et à gauche.
Maman secouait la tête dans ses mains en pleurant et faisait des doas pour sa Nourah.
Nous sommes arrivés devant l’entrée principale de l’hôpital. Un homme était entrain de geindre, un autre avait fait un accident et l’oeil d’un troisième était figé, impossible de dire s’il était vivant ou mort. Nous avons monté les escaliers qui menaient à la chambre de Nourah quatre à quatre. Elle était aux soins intensifs.
L’infirmière s’est approchée de nous.
« Laissez-moi vous emmener vers elle. »
Alors que nous traversions le couloir, l’infirmière en a profité pour nous dire à quel point Nourah était gentille. Elle a quelque peu rassuré maman en lui disant que la condition de Nourah s’était améliorée par rapport au matin.
« Désolée. Pas plus d’un visiteur à la fois. »
On était à l’unité des soins intensifs. A travers la petite fenêtre de la porte et derrière une foule de blouses blanches, je tombais enfin sur les yeux de ma soeur. Maman se tenait à ses côtés.
Après deux minutes, maman est sortie incapable de retenir ses larmes.
« Tu peux entrer et lui dire Salam à condition de ne pas lui parler trop longtemps, » m’ont-ils dit.
« Deux minutes devraient suffire. »
« Comment vas-tu, Nourah ? Tu allais bien hier soir ma soeur, que s’est-il passé ? »
Nous nous sommes tenues les mains, elle les serra faiblement.
« Même maintenant, Alhamdu lillah, je vais bien. »
« Alhamdu lillah mais tes mains sont tellement froides. »
Je me suis assise à côté d’elle sur le lit et j’ai posé mes doigts sur ses genoux. Elle les repoussa.
« Excuse-moi, est-ce que je t’ai fait mal ? »
« Non, c’est juste que je pense aux paroles d’Allah. »
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et que la jambe s’enlace à la jambe,
[ Sourate 75. La résurrection (Al-Qiyamah) verset 29 ]
« Hanane, prie pour moi. Je vais très bientôt peut-être vivre mon premier jour dans l’au-delà. C’est un long voyage et je n’ai pas préparé assez de bonnes actions dans ma valise. «
A ces mots, une larme s’échappa de mon oeil et se perda sur ma joue. J’ai pleuré et elle aussi. La chambre avait disparu derrière la brume de nos larmes pour ne laisser place qu’à nous deux, deux soeurs en larmes. Des ruisseaux de larmes s’écoulèrent et s’écrasèrent sur la main de ma soeur que je tenais à deux mains.
Maintenant, papa s’inquiétait beaucoup plus pour moi. Je n’avais jamais autant pleuré de ma vie.
A la maison et dans ma chambre, je contemplais le soleil cheminer en cette triste journée. Le silence s’était emparé des couloirs. Un cousin est entré dans ma chambre, puis un autre. Les visiteurs étaient nombreux et toutes les voix qui venaient d’en bas s’emmêlaient. Seule une chose restait clairement perceptible…
Nourah était morte !
J’ai arrêté de faire attention à qui venait et qui partait. Je ne pouvais me rappeler ce qu’ils avaient dit.
O Allah, où étais-je ? Que se passait-il ? Je ne pouvais même plus pleurer.
Plus tard cette semaine, ils m’ont dit ce qui s’était passé. Papa avait prit ma main pour dire un dernier au revoir à ma soeur et j’avais embrassé Nourah sur la tête.
Je ne me souviens pourtant que d’une seule chose, en la voyant ainsi étalée sur ce lit, ce même lit sur lequel elle allait mourir. Je me suis souvenue du verset qu’elle avait récité :
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et que la jambe s’enlace à la jambe,
[ Sourate 75. La résurrection (Al-Qiyamah) verset 29 ]
et je ne savais que trop bien la vérité de ce verset:
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Vers ton Seigneur sera, ce jour-là, le retour.
[ Sourate 75. La résurrection (Al-Qiyamah) verset 12 ]
Cette nuit-là, je me suis introduite dans sa salle de prière sur la pointe des pieds. Regardant les meubles immobiles et les miroirs muets, je chérissais celle qui avait partagé avec moi le ventre de ma mère.
Nourah était ma soeur jumelle. Je me souvenais de celle avec qui j’avais partagé des peines. Qui avait ensoleillé mes journées pluvieuses. Je me souvenais de celle qui priait pour ma guidée et qui avait versé tant de larmes pendant tant de longues nuits en me parlant de la mort et des comptes à rendre. Qu’Allah nous protège tous.
Cette nuit est la première nuit que Nourah va passer dans sa tombe. O Allah, fait lui miséricorde et illumine sa tombe.
Ça c’était son Coran, ça son tapis de prière et ça c’était sa robe rose dont qu’elle disait cacher jusqu’à son mariage, la robe qu’elle voulait garder juste pour son mari.
Je me rappelais ma soeur et je pleurais toutes les journées que j’avais perdues. Je priais Allah de me faire miséricorde, d’accepter mes actions et de me pardonner. Je priais Allah de la garder constante dans sa tombe comme elle aimait souvent à le dire dans ses supplications.
A cet instant, je me suis arrêtée. Je me demandais :
« et si c’était moi qui étais morte ? »
« Où est-ce que je serais ? »
La peur m’étreint et mes larmes reprirent de plus belle.
Allahu Akbar, Allahu Akbar…
Le premier adhan s’éleva doucement de la mosquée, il était si beau cette fois-ci. Je me sentais calme et sereine alors que je répétais l’appel du Muezzin. J’entourais mes épaules d’un châle et je me levais pour prier Sobh. J’ai prié comme si c’était ma dernière prière, une prière d’adieu, juste comme Nourah avait fait hier. Ça avait été son dernier Sobh.
Maintenant et incha’ Allah pour le restant de ma vie, si je me réveille au matin je n’espèrerais pas être vivante le soir venu, et la nuit venue je n’espèrerais pas être vivante le matin venu.
Nous ferons tous le même voyage que Nourah. Qu’avons-nous préparé pour cela ?