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Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
C’était un très beau vendredi ensoleillé. Le ciel laissait passer quelques nuages nonchalants qui aimaient se faire admirer par ceux qui savaient les regarder. Sur le haut d’une colline, se tenait une maison en pierres entourée d’un beau jardin sauvage. Des chats s’y promenaient, jouaient en toute tranquillité, ils savaient bien qu’ils trouveraient là nourriture et amitié. Mariam, l’infirmière, vivait dans cette demeure. Ce jour-là, louange à Dieu, elle était très heureuse, c’était un jour de repos qu’elle voulait apprécier. Mais le téléphone sonna, c’était l’hôpital qui la réclamait. Elle n’avait pas trop envie d’y aller mais le devoir l’appelait.

Arrivée à l’hôpital, on lui dit : « Il y a quelques jours, un patient est venu pour une bronchite. Par mesure de précaution, nous lui avons fait passer une radio. A notre grande stupéfaction, nous avons découvert que son cœur est presque mort ! Il est tout noir de péchés ! Il n’y reste qu’un seul point blanc ! Le cas est extrêmement urgent ! Prenez donc la radio du malade, son adresse et donnez-lui vite le traitement avant qu’il ne soit trop tard ! Il n’y a pas de temps à perdre… ! »
Mariam se rendit donc à l’adresse indiquée. Elle était étonnée d’avoir été choisie pour ce travail mais elle se dit qu’il fallait faire ce qu’on lui demandait. Elle verrait bien ce qui allait se passer et que Dieu Seul connaît… Arrivée devant la porte du malade, une très belle femme lui ouvrit. Elle s’appelait Najma, c’était l’épouse du patient. Après lui avoir passé le salam, elle demanda à voir le malade qui s’appelait Yaya… Ce dernier était un homme de taille moyenne et au regard inquiétant. Mariam lui dit : « L’hôpital m’a envoyée pour vous donner le traitement de votre cœur qui est malade ! » Il répondit : « Mais je ne suis pas malade ! » L’infirmière reprit : « Oh que si ! D’ailleurs regardez par vous-même votre radio et voyez l’état de votre cœur ! ». Le malade répondit : « Ce n’est pas ma radio ! Il doit y avoir une erreur ! » Mariam lui dit alors : « Si, c’est la vôtre, votre nom est marqué en bas. Je ne suis pas une menteuse et ne soyez pas têtu ! Ecoutez plutôt le noble Coran, lisez-le, méditez-le, appliquez-le. Faites beaucoup d’invocations, de demandes de pardon, de bonnes actions. Ensuite évitez les péchés autant que vous le pouvez et prenez un comprimé de ce médicament, 3 fois par jour, c’est contre l’orgueil et la fatuité. Après une semaine, je reviendrai, si Dieu veut, afin de voir l’effet du traitement sur votre cœur. » Mariam prit congé du malade et repartit chez elle…

En route, elle réfléchissait sur le cas du patient. Elle trouvait son insouciance, face à sa maladie, incroyable, mais elle se dit : « Il est vrai que lorsque le cœur est bien malade, il ne voit plus rien, ni les signes que Dieu lui envoie, ni l’évidence… ». La nuit même, Mariam eut un rêve. Elle vit Yaya, plus jeune qu’il n’était actuellement, assis sur son tapis de prière. Il pleurait et tendait les mains vers le ciel en disant : « Ô Allah ! Envoie-moi un signe, j’en ai tellement besoin ! » L’infirmière se réveilla et se dit : « Cet homme est dans une grande détresse, il faut l’aider !… »
Après une semaine, elle retourna voir Yaya. Là, une mauvaise surprise l’attendait. Elle lui demanda, s’il avait suivi son traitement. Il lui répondit d’un ton provocateur : « Non, mais j’ai recopié des mots du dictionnaire ! ». Mariam fut abasourdie mais Dieu lui donna la patience et la force pour bien répondre. Elle lui dit alors : « Dans le Coran se trouve une guérison car c’est un livre révélé par Dieu, dans le dictionnaire se trouve des informations intéressantes mais il n’est pas une guérison pour le cœur car c’est un livre écrit par des hommes… Je vois que vous aimez provoquer les gens, ce qui montre bien que vous êtes dans la détresse. Il y a bien longtemps, vous avez demandé à Dieu un signe, maintenant qu’il est devant vos yeux, vous ne voyez rien. Ce n’est pas votre regard qui est aveugle, c’est votre cœur ! » Yaya ne savait plus que dire. Comment l’infirmière savait-elle tout cela ? Dieu avait-Il répondu à son appel, alors que lui avait perdu tout espoir, à cause de ses péchés ? Les questions défilaient trop vite dans sa tête, il ne savait plus que faire… Mariam comprit qu’elle devait lui laisser le temps d’accepter le traitement. Elle se retira donc doucement en conseillant à Najma, qui était très gentille, de bien s’occuper de son mari et d’avoir la patience avec lui.
Après une longue période de réflexion, Yaya se mit enfin à prendre son traitement. Les premiers jours furent difficiles, son cœur lui faisait mal ; il devait lutter fortement pour arrêter de commettre les péchés auxquels il s’était habitué. Sa fierté essayait de l’empêcher d’agir en lui faisant croire que l’infirmière mentait. Mais lorsqu’il se rappelait la radio de son cœur, il persévérait. Le combat contre le mal était dur mais inévitable car sinon son cœur allait mourir et lui aussi. Le temps était désormais compté. Après quelques jours, il commença à sentir une douceur dans son cœur et aussi un bonheur. Il fut très étonné car cela faisait si longtemps qu’il vivait dans la tristesse, car les péchés, on le sait, rendent malheureux. De même, il devint plus gentil avec Najma et il se mettait moins en colère… Le traitement commençait à agir, par permission de Dieu, Le Tout Puissant !
Après un certain temps, Mariam revint le voir. Elle constata, avec joie, que le traitement faisait son effet. Le regard de Yaya était plus doux, il inspirait plus la confiance. Elle l’encouragea à continuer dans cette voie et lui donna un rendez-vous, à l’hôpital, dans un mois. Le délai passé, Yaya se rendit chez le médecin afin de repasser une radio. Ce jour-là, Mariam était absente, elle ne travaillait pas. Au grand étonnement du personnel hospitalier, le cœur de Yaya était devenu blanc ! C’était un miracle ! Les gens firent le takbir et une fête fut improvisée en l’honneur de Yaya. Tout le monde était content de la victoire du bien sur le mal ! L’ancien malade, que Dieu, le Très Miséricordieux, avait guéri, entreprit des études de cardiologie qu’il réussit avec succès ! Il devint un grand cardiologue qui soignait le cœur des autres. Un jour, il écrivit une lettre à Mariam pour la remercier de son aide et lui donner de ses nouvelles. Il y joignit également ce poème :
« La réponse »
J’étais dans le désert aride de ma solitude
En pensant que personne ne comprendrait mon infortune
Je lançais des messages de détresse depuis si longtemps
Que l’espoir d’être compris m’avait quitté doucement
J’étais si malheureux, je demandais un signe à Dieu
Mais les péchés commis, eux, m’empêchaient d’ouvrir les yeux
Pourtant un jour le miracle s’est réalisé
Et j’ai reçu la réponse que j’avais tant espérée
J’ai mis du temps à comprendre ce qui m’était demandé
Une réforme intérieure, un lavage des péchés
Je sais que la route est longue et les efforts incessants
Mais c’est la seule voie pour sauver mon âme des tourments
Je remercie Dieu de ne pas m’avoir abandonné
Alors qu’Il sait si bien que j’ai commis tant de péchés
De Sa Miséricorde, il ne faut pas désespérer
De Son Amour, essayons toujours de nous rapprocher.
Yaya
Mariam, en lisant le courrier pleura de joie et remercia Dieu d’avoir purifié le cœur de son malade. Elle se dit : « Quelle belle destinée Dieu lui a-t-Il accordée ! Louange au Tout Puissant Qui fait ce qu’Il veut, quand Il veut et Qui change les cœurs comme Il le veut ! ».
Et la louange est à Dieu, Seigneur des Mondes
source : Aslim-Taslam